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Le porc-salue

Début décembre, l’Irlande sort de son indifférence et vient faire les gros titres des journaux. Pas pour le meilleur… Le porc irlandais est contaminé !
 
Et c’est donc le jour de cette nouvelle que, encore dans l’ignorance, je décide d’aller faire mes courses et d’acheter de la viande. Et oui, le Conseil Européen m’a gentiment accordée une bourse de 3420 euros et le Conseil Général y rajoute 1000 euros. C’est donc pleine de joie et d’allégresse en pensant au bon repas que je vais pouvoir me concocter, que je décide pour la première fois depuis mon arrivée à Dublin d’aller m’acheter de la viande.

Premier achat : du boeuf. Oulala c’est cher, environ 6 euros la bavette. Bon aller, faut savoir se faire plaisir dans la vie. Maintenant du porc. C’est bizarre, du vide dans les rayons, je met ça sur le compte qu’on est dimanche et que les livraisons ne seront faites que le lendemain. Impossible de trouver du porc. Je demande donc pleine d’incompréhension au type qui range les sauces. Il me regarde comme une débile. Et puis il m’explique gentiment que toutes les viandes de porc stockées depuis septembre ont été retirées des étalages à cause de la dioxine. La quoi ? Bon tant pis. Je mangerai de la dinde.
Rentrée à la maison, j’allume le portable et je consulte l’actu. Ah oui, en effet, le porc irlandais fait parler de lui. “L’alerte a été lancée hier (samedi) soir après la découverte, lors de contrôles de routine fin novembre, de traces de polychlorobiphényles (PCB), un polluant généralement assimilé à de la dioxine, dans de la graisse de porc provenant de neuf élevages de porc irlandais. Les PCB sont des polluants organiques persistants et probablement cancérogènes.” (libé.fr)

J’appelle ma mère, comme tous les dimanche. “Tu ne manges plus de porc, hein ?? t’as vu l’actu ?” Oui, oui c’est bon. Sur facebook, “Sophie fais gaffe, t’intoxiques pas avant de rentrer !” Et bèh, tout le monde veut me protéger, c’est gentil.
Je fais donc cuire ma bonne grosse bavette de boeuf et mon colloc Antonio, attiré par l’odeur, pousse un cri d’horreur en voyant ce qui cuit dans la poële. “Ah non Sophie ! Tu ne dois pas manger de viande ! Tu vas avoir le cancer !!” C’est pathétique. Non, Antonio, je ne cèderai pas à la panique. Et puis c’est sur le porc, pas le boeuf. “Mais siiiii ! Tu lis jamais l’actu ?” Encore une fois, je fonce sur libé.fr. Visiblement des élevages bovins et ovins auraient aussi été contaminé mais à moindre échelle. De toutes façons, depuis septembre je mange du bacon et je suis pas morte. Alors la bavette de boeuf appétissante ne bénéficiera d’aucun sursis.
Au delà de ma petite personne et de mon entourage proche, cette nouvelle est terrible. Visiblement Noel est la période la plus prospère pour les ventes de porc puisque la tradition veut que la dinde soit accompagnée d’un bon gros jambon. La nouvelle est tombée comme une masse sur les têtes rousses et tout le monde le déplore. Surtout les éleveurs. En plus de la crise économique, la crise alimentaire. Chacun en a pour son compte dans cette histoire.

Et par extension, difficile de voir un avenir prospère pour nous, pauvres étudiants en fin de cycle, sur le chemin du travail. C’est complètement désespérant. Mes ambitions et ma motivation en sont affectées, je ne sais absolument pas ce qui m’attend à mon retour en France en juin. Le journal de 13h de France 2 visionné tous les midi me déprime…

Et dans cette fin d’année, le porc, petit animal sympatique, va devoir subir l’humiliation. A l’image de la vache folle, j’espère surtout que l’Irlande pourra se relever de ça.

13 décembre 2008 - Aucun commentaire
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Giant’s Causeway

22 novembre 2008 - 2 commentaires
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Tourist travel

A défaut de pouvoir louer une voiture et de conduire surtout avec le volant à droite, le bus Paddytour nous embarque dans la découverte de la côte nordique irlandaise. Départ à 8h30, retour prévu à Belfast à 17h. Paddybus est réglé comme une horloge.


Comme prévu, on est à la bourre, on s’est perdus dans les rues de Belfast, on a du s’arrêter pour acheter la collation de midi,…bref on court. Ouf, le bus est là. Et c’est bien calés dans le fond que le voyage se lance. Le bus est à 90 % rempli de Vénézuéliens qui parlent fort et qui se prennent en photo. Je regrette la location suicidaire d’une voiture…

Paddyman blablatte dans son micro, nous donne le programme (serré) de la journée.

Tout d’abord, on fait une halte sur les falaises de la côte. Faut pas oublier qu’on est des touristes à la recherche des paysages cartes postales irlandais. Malgré la brume du matin, on aperçoit les côtes écossaises. C’est joliiiiii ! On fait des photos, on hésite à allumer une clope (on est quand même plantés au beau milieu de la nature) et puis on se laisse aller.

Ah Paddyman et son Paddybus sont déjà entrain de repartir. Faut pas se faire oublier.


On roule direction Giant’s Causeway, la chaussée des géants, appelée Clochán na bhFómharach en gaélique (signifiant Le petit tas de pierre des Fomoires). Tout est prévu pour les touristes. Au beau milieu d’une nature vierge et sauvage, un hotel, un restaurant, et un magasin de souvenirs. On n’est pas les seuls. Pleins de bus mastodontes dégueulent des gens de toutes nationalités, appareil-photo en main, prêts à dégainer. Paddyman donne ses indications : « Bon, les amis, il est 11h sur ma montre. Rendez-vous au restaurant à 11h50 pour le déjeuner. Qui veut manger du Irish Stew ?? » Et bèh, on mange même les spécialités. Tout est prévu. Y’a aussi un bus électrique qui fait la navette entre le parking et le site de la Chaussée des géants. Je suis tentée… Non c’est quand même 1,20 €. Et puis j’ai pas 80 ans.


Environ 40 000 colonnes hexagonales verticales s’embriquent comme des Lego. C’est vraiment époustouflant. Alors kékidi le guide ? La légende raconte que le géant irlandais Finn mac Cumhail (dit Finn mac le Cool) avait construit la chaussée pour pouvoir aller combattre son homologue Benandonner en Ecosse. Mais une fois arrivé, Finn a pas du tout trouvé ça cool. Au contraire, il a aperçu de loin l’autre géant écossais, d’un taille inimaginable, a pris peur et s’est vite dépêché de rentrer en Irlande. Mais Benandonner comptait pas le laisser s’échapper aussi facilement. Il traversa alors la mer, grâce à la Chaussée, pour le retrouver. Quand il arriva chez Finn, il fut stupéfait. En effet, la femme de Finn l’avait préalablement déguisé en bébé. Elle lui dit que son époux était sorti, qu’il n’allait pas tarder à rentrer et lui montra alors le « bébé » endormi. Benandonner constatant la taille de l’enfant se mit alors à imaginer proportionnellement la taille du père. Il pris peur à son tour, et repartit vite en Ecosse, après avoir préalablement détruit le Chaussée. Y’a aussi avant une histoire d’amour avec « a woman with beautiful red hair » mais bon faut pas trop m’en demander non plus. Paddyman, il parle vite. Qu’est-ce qu’il faut en retenir ? Que les Irlandais sont des fiottes ? Non, qu’ils sont rusés pardon.


Bon pour ceux qui ne croient plus au Père Noël, les scientifiques disent que c’est une formation très ancienne, genre Paléogène (qui est aussi évidemment le début du Cénozoïque, comme tout le monde le sait) dûe à une coulée de lave balsamique qui au contact de la mer s’est refroidie et a créée cette fracturation hexagonale des pierres…

Et hop, on peut même escalader les falaises ! Ouah c’est génial. Oula, ça glisse, oh oh attention ! Et paf ! Une vague qui s’écrase sur les rochers. C’que c’est drôle ! Bon c’est pas tout ça, faut aller manger maintenant.

Evidemment je suis encore à coté de la plaque. Je mange mon sandwitch en planque et en solo, tout le monde se délecte sur le Irish Stew. Arrêtez là, c’est qu’un ragout. « Ah il est bon ce boeuf ! » Non, c’est du mouton madame… Oula, c’est l’heure, faut y aller.


Direction Londonderry, qui s’appelle Derry pour les Irlandais. Ne surtout jamais dire Londonderry, c’est encore une preuve avilissante de la domination British. Paddyman propose une visite des Docklands meurtris catholiques et protestants de la ville. Avec ce que j’ai vu la veille à Belfast, je préfère pas. Donc c’est encore une fois seule que je pars visiter la vieille ville, carte en main. Je marche le long des remparts, le soleil couchant sur l’horizon, c’est splendide. Une bonne heure à essayer de programmer mon appareil-photo sur « coucher de soleil », ça marche pas. L’heure tourne et la récréation libre s’achève. Petite halte pipi dans un centre commercial avant le grand retour. Une demi-heure plus tard, le bus redémarre. Sauf qu’il manque quatre Vénézuéliennes. Paddyman, il est pas content. Nous non plus d’ailleurs, y’en a qui ont un bus à prendre à Belfast pour rentrer sur Dublin. Finalement, il attend pas, il s’en va. Alors là je dis chapeau, on laisse les quatre filles à Derry. Enfin, les autres Vénézuéliens se réveillent et se rebellent. Une vraie mutinerie, ça crie en spanglish. Paddyman fait demi-tour et on retrouve nos quatre retardataires sur le parking, des poches pleins les bras… Mouais !


Arrivés à Belfast, notre sympatique chauffeur de bus nous propose de nous ramener sur Dublin. Pour que le voyage ne soit pas trop long, il nous envoie « Orgueil et préjugés ». C’est à pleurer tellement c’est niais mais bon, on se laisse prendre par la mince trame romantique. Dublin sort de la nuit et nous voilà arrivés.

Conclusion : les voyages organisés c’est nul, mais on a quand même eu le plaisir de voir (rapidement) les points importants de la côte. La prochaine fois, on louera une voiture.

22 novembre 2008 - 1 commentaire
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“Dockland’s tour”

22 novembre 2008 - Aucun commentaire
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Belfast in conflict

Le soleil se lève quand nous arrivons à Belfast.

Premier impératif : retirer de l’argent. Et oui, le British State est plus que jamais là : les livres sterling, les black cabs, les drapeaux anglais, sans parler des bus à étages. Bon bon, 50 livres en poche (X 1,20 = 60 euros), c’est parti ! Les rues sont désertes, il est pourtant 9h30…


Je m’étonne à reconnaître des similitudes dans son agencement avec la France. Un grand centre-ville, de larges avenues, de longues rues piétonnes, des cafés,… une ville visiblement moins étouffante que Dublin. Enfin je respire. On se balade, on prend la pause café toutes les heures en bon français qui se respecte et on traine. En fait, j’ai l’impression qu’il n’y a rien à voir… Pas de grand monument (à part le City Hall). Le Guide du Routard est plus bavard sur le conflit catholique/protestant que sur les perles de la ville.


Ce cher Mickael Jones disait « Si j’avais grandi dans les docklands de Belfast / Soldat d’une foi, d’une caste / Aurais-je eu la force envers et contre les miens / De trahir : tendre une main ? ». Et bien aujourd’hui, après ce que j’ai vu, je dirais…non.


Devant le City Hall, un black cab vient nous prendre. Il nous emmène tout droit dans les « docklands » de Belfast. Il est sympa ce type. Il nous offre des « sweets » au chocolat, il nous demande si tout le monde comprend bien l’anglais. Euh… Je vais faire un effort, promis.


Première escale : devant les « murials ». Les maisons du quartier protestant recouvertes de peintures grandeur nature. De véritables vénérations artistiques pour Crowmwell, des mémoriaux en souvenir des chefs des gangs armés tués par une bombe ou un sniper,… on commence déjà à sentir un malaise… Les touristes affluent, prennent des photos, et les habitants du quartier sortent leurs chiens, les enfants jouent dans le jardin comme si de rien n’était. Une habitude.


On continue, on roule. Le driver parle, répète, fait des anecdotes. Moi évidemment, je pipe rien. Je regarde par la fenêtre. Je m’aperçois que beaucoup de batiments sont à l’abandon et jamais reconstruits. Comme pour laisser là le souvenir inoubliable de ce qui s’est passé. Des écoles aux fenêtres condamnées, des pubs aux devantures défoncées, ça sent la mort… Le taxi s’arrête souvent pour nous montrer des stigmates, il nous laisse sortir dans le froid, analyser et voir en profondeur tel « murial », telle icône, tel bâtiment dévasté par une bombe. Les vérandas sont renforcées par des grilles de fer, les grillages des jardins et les murs surmontés de barbelés…


On arrive devant le Mur. Celui-ci n’a rien à envier à celui de Berlin. Il est plus vrai que nature et surtout encore et toujours utilisé. Il sépare le quartier catholique du quartier protestant. Encore aujourd’hui, passée une certaine heure, les portes se referment, empêchant le moindre contact entre les deux « camps ». Des deux cotés du mur, des dessins, des phrases, des appels à la paix. Chacun y écrit ce qu’il veut. Même nous, nous avons le privilège de laisser, comme des milliers de touristes, une trace de notre passage. Le driver nous donne un feutre. Ca fait partie du tour.


Et puis on passe du coté des catholiques. On ressent la persécution, la tension palpable, on a la gorge nouée devant le visage peint d’un enfant de 10 ans, tué lors d’un attentat. Les maisons sont pauvres, beaucoup sont en ruines. Le driver devient plus sympatique. Comme si d’un coup, il se sentait chez lui. Il fait un arrêt devant un mémorial et nous offre des Marlboro menthols. Il sort enfin du taxi, il ne nous attend plus à l’intérieur. Il tape dans ses mains devant moi : « Wake up ! Wake up my love ! ». Hé ho, on se calme ! Il me demande si je comprends, bon j’avoue, non pas vraiment. Mais même si je suis sûre que ses anecdotes sont fameuses et riches, je sais que le simple fait de voir et d’observer crée déjà en moi une souffrance psychologique, des questions se posent. Le driver insiste alors auprès de mes amis pour qu’ils me traduisent tout ce qu’il dit. Visiblement, que je sois mise au courant lui tient à coeur. Marine m’explique qu’il leur a avoué que sa propre mère avait été tuée par un gang. Elle lui a alors demandé de quel coté il se situe. Il n’a pas voulu répondre. Mais certains signes ne trompent pas…


La visite a bien duré 1h30. Notre nouvel ami le driver nous dépose devant le Crown, pub mythique de Belfast. On lui donne plus d’argent que prévu, comme une reconnaissance de nous avoir permis de ressentir un trouble, une violente compassion. On a presqu’envie de passer la soirée avec lui, de tout savoir, de tout entendre, de tout comprendre. Mais bon, après tout nous ne sommes que des touristes. On n’a pas l’exclusivité des gens malheureusement.


Et puis c’est autour de trois pintes de Guinness et d’un verre de limonade que les langues se dénouent. Pourquoi ? Comment ? Les douleurs sont-elles encore présentes ? Forcément, le conflit n’a même pas un demi-siècle. C’était il y a tout juste trente ans. Le Guide du Routard est très clair : « un petit garçon catholique a très peu de chances de rencontrer un petit garçon protestant, les écoles étant encore à 95 % confessionnelles… ». Le cesser-le-feu est passé, les esprits sont-ils apaisés pour autant ? Comment grandir en se faisant sa propre idée dans une famille qui a forcément connue au minimum une mort d’un proche à cause de cette guerre ? Et puis on discute, on argumente, on élargit le débat au vécu de chacun de nous. On finit même par s’engueuler. Sujets trop frais, trop personnels et donc trop sensibles.


Le soleil s’est couché depuis longtemps sur Belfast. Le froid nous prend tout entier quand on sort du pub. Personne ne parle. Ce voyage grandeur nature nous a aussi fait l’effet d’une bombe. Et puis au fil des heures, les réflexions disparaissent, les sujets de conversation prennent de la légèreté. Spectateurs tragiques, aucun d’entre nous ne s’est finalement senti concerné…

 

 

 

22 novembre 2008 - 1 commentaire
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Ambiance…

 

18h34. Nuit noire. Retour à la maison vers Phibsborough, quartier ouvrier au nord de Dublin. Les rues sont désertes, avec des lampadaires qui grésillent. Je me crois dans une reconstitution de l’émission cauchemardesque « Faîtes entrer l’accusé », sans Hondelatte mais avec le tueur de la gare de Perpignan en tête. Un type portant un blouson en cuir déboule d’une rue. Il me fait penser à Hondelatte. Il marmonne un truc en anglais, je comprend rien, je marche. Je fais semblant d’observer le ciel et je jette un coup d’oeil derrière moi. Il a disparu. J’essaie de marcher sur le bout de mes chaussures, évitant coûte que coûte la résonnance (« clap clap ») de mes talons sur le bitume, terriblement angoissant. J’arrive enfin au numéro 9. Coup d’oeil aux fenêtres : allumées. Je ne suis pas seule. Légère déception.
 
Après avoir donné un fort coup de pied dans la porte pour l’ouvrir (le bois gonfle à cause de l’humidité…), j’atterris dans la chaleur du salon. Toutes les lumières sont allumées. On se croirait à Versailles, version petits pauvres. Pourtant chacun est enfermé dans sa chambre. J’en conclue que les Irlandais ne savent pas faire des économies d’électricité…

Je monte l’escalier et je m’enferme aussi dans ma chambre. Triste réalité : je vis avec des étrangers. C’est un peu un hôtel. On croise des visages familiers mais on n’a jamais pris la peine d’essayer de se connaître. Pourtant depuis deux mois et demi je vis et je partage tout avec eux. Je redescend à la cuisine. Porte communiquante fermée à double tour (instruction du proprio) et je m’engouffre dans la pièce. Il fait la même température que dehors. Pas de chauffage dans la cuisine et la salle de bain, j’ai de la buée qui me sort du nez quand je respire. Brrrr… Ah Martin, mon fantastique coloc irlandais de 45 ans est passé par là. La vaisselle qui traine dans l’évier, la poêle remplie de graisse encore sur la cuisinière et une espèce d’odeur d’oignons fris dans la rance. Il y a aussi des grandes empreintes de semelles sur le sol. Accueil impeccable. Je n’ai finalement plus faim.

Bon alors je vais prendre ma douche. Le temps que l’eau chauffe, j’ai les poils des bras tout hérissés, le corps recouvert de chair de poule et je trépigne dans la baignoire. Ah enfin du chaud. Le pauvre filet d’eau qui s’échappe de la pomme de douche arrive tout juste à me mouiller la largeur de trois doigts. La pression est pourtant à fond… La salle de bain se remplit de buée. Je met environ trente minutes à me laver les cheveux. J’en oublie l’après-shampooing. Pas grave, je n’ai qu’une envie, c’est en finir avec ce glaçon géant. J’entrouve la porte afin de pouvoir utiliser le miroir convenablement. Martin débarque. Il entre même si la lumière est allumée. De toute façon, c’est toujours allumé. Je crie. Il crie aussi. « Sorry, sorry ! ». Et comme je ne sais pas dire « y’a pas de mal Martin », ou « c’est bon, c’est pas grave » (politesse oblige), je lui répond « no, no! » Et là je me demande s’il a pas pris ça pour des avances. Genre « Non, non, vas-y, entre ! ». Humm je préfère ne pas trop y penser.

Je remonte dans ma chambre. Je ferme à clé, comme tous les soirs. Je n’ai toujours pas faim. De toute façon, il doit me rester un poivron et des pâtes. Je mangerai mieux demain. Hup, connexion internet lancée, et des heures sur msn, à envoyer des mails, à lire l’actu, à faire des tests stupides sur le site de Elle, à descendre de temps en temps pour me faire un café et à fumer des cigarettes. A minuit, j’ai des yeux version myxomatose et le miroir sur mon bureau me renvoie une image qui fait peur. Aller, au lit.

Minuit et Sinead, l’autre coloc rentre. Elle monte les marches de l’escalier quatre à quatre, j’ai l’impression que toute ma chambre va s’écrouler. Elle se met à chanter. Comme tous les matins, et comme tous les soirs. Elle est chanteuse lyrique. Mais en version ratée. Sa voix s’élève vers des octaves célestes, la voix s’éraille, c’est insupportable. Je ne comprend plus ce que raconte Proust. Déjà que dans le silence j’ai du mal, alors là, le livre me tombe des mains. Je me retourne, je souffle, je tappe du pied sur les barreaux du lit. MAIS ELLE VA SE TAIRE ???

Je rêve alors d’une colocation où tout le monde est gentil et tout le monde s’aime… Où la haine ne devient pas obsessionnelle au point de vouloir faire les pires crasses le lendemain par vengeance contre ces deux irlandais égoistes et insupportables… Mais les vocalises de Sinead m’empêchent même de réfléchir. Alors comme tous les soirs, j’attend. Finalement elle s’arrête. Je réussis tant bien que mal à m’endormir. Mais je sais que demain matin je vais être réveillée à 8 heures soit par les chants non-harmonieux de Sinead, ou par la toux grasse vomitive de Martin… Bon j’ai quand même 7 heures de sommeil au calme. Comme si c’était une chance…

On m’avait prévenu pour les colocations mais j’étais loin de penser qu’une de ce genre pouvait exister. On m’avait dit aussi que dans les appartements partagés, souvent on se disputait et qu’il ne valait mieux pas vivre avec un très bon ami. Il devient vite un ennemi. Le bonheur dans tout ça, c’est que je n’ai pas perdu d’amis, puisque je n’ai toujours eu que des ennemis.

13 novembre 2008 - 4 commentaires
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11 novembre 2008 - Aucun commentaire
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11 novembre 2008 - 1 commentaire
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11 novembre 2008 - 1 commentaire
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11 novembre 2008 - Aucun commentaire
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6 novembre 2008 - 1 commentaire
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Dublin l’imprévisible

 

Dublin en gaélique se dit «Baile Atha Cliath », ce qui signifie « la ville du gué des haies de roseaux ». Obscure dénomination… Mais le gaélique est une langue abstraite, où chaque mot peut avoir une définition différente en fonction de son contexte. On pourrait croire que tous les Irlandais comprennent et parlent le gaélique. Mais il n’en ai rien. Langue obligatoire enseignée au collège et au lycée, elle est presque qualifiée de langue morte. Seuls les Irlandais vivants dans les profondes campagnes l’utilisent. Et pourtant, tout est traduit en gaélique dans le centre-ville de Dublin. Les panneaux routiers se partagent entre l’anglais et la langue historique, les inscriptions sur les rues, les moindres écritures. Comme si deux identités de citoyens cohabitaient dans un même endroit. Alors, attrape-touriste ? Attachement sentimental au folklore ? Personne ne saurait l’expliquer concrètement.

 

Dublin, quand on arrive, on est éblouit par ses vitrines, ses grands boulevards, sa forte circulation, la foule noire de monde qui se bouscule sur les trottoirs. Sans cesse en mouvement, on ne peut pas tenter de traverser au rouge, les taxis ou les bus se feraient une joie de vous écraser. O’Connell Street et son Spire, plus haute sculpture du monde pointant son aiguille à 120 mètres de hauteur, ressemble aux Champs Elysées parisiens. Mais seulement dans sa configuration. O’Connell c’est au nord de Dublin, et le Northside c’est le centre d’habitation de la classe populaire et ouvrière. Des groupes de gosses de 12 ans stagnent sur l’avenue, dévisagent les passants, crachent parterre et taxent des clopes. Pas vraiment accueillant.

 

Le Southside, c’est le coté aisé de Dublin. La Liffey fait figure de frontière entre deux mondes. Dès qu’on traverse le O’Connell Bridge, la lumière change d’elle-même. Plus ces lampadaires orangés qui transforment une rue en No Man’s Land angoissant. Les façades des somptueux hotels jettent des couleurs accueillantes et chatoyantes. Alors on lève le nez et on découvre les splendeurs des maisons bourgeoises dublinoises. Dans le bus à étage, on s’élèvent au niveau des fenêtres et on s’étonne à épier l’intérieur de l’une d’entre elle, avec la lumière chaude des grands lustres en cristal et les tableaux format A0. En haut de Grafton Street longée de ses magasins luxueux, on débouche devant St Stephen Green, le grand jardin public de Dublin. Encadré par le St Stephen Green’s Shopping Centre, tout en verre et en fleurs, et par le Shelbourne Hotel, palace historique du centre ville, on se dit que la vie doit être beaucoup moins morne par ici que dans le Northside. Forcément, Dublin Sud c’est aussi Temple Bar, Trinity College, les trois grands musées nationaux, et le centre des affaires.

 

Mais le Nord a aussi son intêret « populaire ». C’est là que se trouve le stade où se jouent les matchs de foot gaélique et de hurling. Pour apprécier un véritable contact humain mouvementé et excitant, c’est là qu’il faut aller. A la fin de chaque match, les supporters envahissent les rues et les pubs environnants. Les courses de lévriers à Shelbourne Park sont aussi un moment privilégié d’activité contagieuse. On se laisse entrainer dans les paris, on ressent la tension du jeu, on se lève, on encourage « son » chien,… Le niveau de vie est certes différent mais l’attraction presque aussi intense. A choisir entre chanter « Wonderwall » à la sortie d’un pub avec les groupes sauvages de Temple Bar, ou faire de la voix sur un hippodrome, je préfère encore la dernière proposition…

 

Mais Dublin est une toute petite ville dont l’attraction touristique se situe essentiellement dans ses pubs et ses fêtes nocturnes. On se lasse vite de cette fourmilière et l’étendue des tourbières autour de la ville nous emporte vers des voyages solitaires et vivifiants. S’asseoir au bord de l’eau, avec comme seul horizon l’étendue plate et apaisante de la mer, pour seul bruit de fond les cris des mouettes s’affairant sur le port, ça vous fait tout remettre en question. Les couleurs sont mille fois changeantes, le soleil disparaît entre deux averses alors qu’il illumine encore un phare au loin, la mer passe du bleu turquoise au gris souris,… On se sent alors au plus près de la nature comme jamais on aurait pu l’imaginer. La solitude ne pèse plus, au contraire, elle délivre des sentiments d’évasion. L’Irlande comme je la voulais se dévoile enfin.

 

Et puis la nuit tombe, vers 16h30, et le froid me force à rentrer. En marchant vers le Northside où seuls la chaleur et le vide d’une chambre m’attendent, je retrouve la fatale réalité de ma condition d’exilée et je replonge dans l’évasion attractive de mes souvenirs et de mes joies françaises. Avec le sombre espoir que Dublin se révèle enfin un jour…

6 novembre 2008 - Aucun commentaire
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1 novembre 2008 - Aucun commentaire
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Une cure de dynamisme

Et voilà, elle est repartie. Pauline aura été la première personne a être venue me rendre visite sur cette île… C’est quand même dingue le sentiment d’abandon et de solitude que peut ressentir tout être humain quand il se retrouve seul après une semaine d’activité intense. J’ai l’impression qu’un ouragan est passé, qu’il a tout emporté. Je revoie ma chambre bien ordonnée alors que le désordre était finalement la preuve d’une vie dynamique et tellement appréciable.
Je remonte au premier regard, à la première rencontre, vendredi dernier, au Burger King d’O'Connell Street. Plaisir, joie, impatience, besoin de parler, de raconter, de savoir,… c’est tout ce que j’ai ressenti. Et puis les jours se sont suivis tous différents, tous mémorables.
Comme la journée à Howth, sur le port, face à l’horizon et face au vent violent. Les dix minutes où une intempérie s’est déclarée sur la côte irlandaise, sous laquelle nous avons perdu deux malheureuses pommes de notre déjeuner. Howth, LA destination des touristes, à vingt minutes en RER de Dublin. Howth, où nous avons poirauté deux heures sur le port au lieu de partir faire le tour de l’île. Où nous avons appris en revenant à Dublin par des amis touristes plus avertis que le port n’est qu’une infime partie des joyaux que recèle cette ville. Que les falaises vertigineuses se trouvaient là, que les phoques nous attendaient en bas et que les petits chemins nous auraient fait découvrir la typique lande irlandaise. Bon, tanpis, j’ai encore 9 mois pour voir ça. Pauline aurait du regretter.
Pauline ou l’art de craquer dans les magasins. Topshop, Office, Penney’s, Awear, H&M, Zara… comment résister ? Et puis voilà bientôt la paye, les bourses. Baah, on peut se permettre. Des chaussures, des robes, des manteaux, des pulls et même des culottes. Les achats ont été au niveau des dépenses.
Mais Pauline c’est aussi l’art. Le musée d’art moderne et le musée des arts décoratifs. Une découverte à la hauteur de nos attentes. Superbe. Autant dans les pièces que dans les lieux.
Et puis Dublin rimera avec Harry Potter pour Pauline. Une vraie cure de magie et de sortilèges. A chaque repas, j’envoyais un des films.
Alors Dublin la mystérieuse ? Dublin la ruine ? Dublin l’intellectuelle ? Dublin la glacière ? Je laisse Pauline choisir. Après tout pour moi, Dublin est une ville pas très originale, pas très marquante, dans laquelle je ne me vois pas vivre pendant des années. Mauvais choix ? En tout cas, mauvais temps, ça c’est sûr et certain…

1 novembre 2008 - 1 commentaire
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Dublin au clair de lune…

14 octobre 2008 - Aucun commentaire
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“Ecrasons l’infâme” !

 

Dans mes six petites heures de cours à la fac, j’ai un séminaire sur Voltaire. Depuis deux semaines, nous étudions une oeuvre bien méconnue de ce célèbre auteur : Le fanatisme ou Mahomet le prophète. Aujourd’hui aux oubliettes, cette pièce fut pourtant la plus représentée sur scène dans toute l’oeuvre théâtrale de Voltaire. Il faut l’avouer, ce n’est qu’une pâle copie des tragédies antiques avec un méchant, un gentil, une fatalité, des morts et une morale à en tirer. Même si l’oeuvre en elle-même n’a pas un grand intêret littéraire (on a vu le seigneur de Ferney manier bien mieux la plume), c’est tout son impact et le contexte de son écriture qui devient intéressant.

Mon professeur s’était bien gardée, lorsqu’elle nous a remis le planning du séminaire au premier cours, de noter cette oeuvre dans la bibliographie. Et puis, trouvant en face d’elle une irlandaise en mini-jupe et une française en converses (oui, nous sommes seulement deux…), elle a avancé l’étude possible de Mahomet.

Ne connaissant absolument pas l’oeuvre théâtrale de Voltaire, c’est avec un réel engouement que j’ai voté « oui » à son rajout. Et puis j’ai lu le livre. Franchement nul au niveau de l’histoire : Mahomet débarque à la Mecque et rentre en affrontement avec Zépire, sheik du lieu saint, qui retient deux des esclaves du prophète, qui s’avèrent en fait être ses propres enfants. Duel philosophique entre les deux protagonistes. Finalement, Mahomet convainc un des enfants de Zépire, de tuer son père au nom de Dieu. Ai-je été assez claire ??

Enfin, ce qu’il faut retenir de cette pièce, ce n’est pas la trâme psycho-dramatique, mais belle et bien l’image que Voltaire a donné à Mahomet. En effet, il apparaît comme un manipulateur qui a recourt au crime pour servir son propre intêret en dictant des lois divines auquelles il ne croit absolument pas. A son époque, la pièce fut interdite de représentation parce que les jansénistes voyaient là une critique voilée de la religion chrétienne. L’Histoire est un éternel recommencement… En 1993, pour les 300 ans de Voltaire, la pièce devait être représentée à Genève. Mais la communauté musulmane a fait pression pour qu’elle soit annulée parce qu’elle voyait là une insulte directe à Mahomet, ce qui a eu finalement lieu. Alors, est-ce une pièce injouable ?

Lors de mes recherches sur internet, j’ai lu plusieurs commentaires sur des forums. Beaucoup voient dans ces écrits une réelle critique du prophète. En gros, Voltaire est un emmerdeur. De véritables batailles de mots et d’arguments se déroulent sur la toile. Pourtant, tout le monde le sait, Voltaire est la voix de la tolérance. Le seul et unique but de cette pièce est de critiquer le fanatisme, dans toutes ses formes. Il a certainement utilisé l’Islam parce qu’à son époque l’Arabie est lointaine, exotique, inconnue, donc l’imagination d’un écrivain de sa trempe avait de quoi fonctionner.

Ce qui me sidère le plus dans toutes ces controverses, c’est finalement le fait, qu’en 2008, on en soit au même point qu’en 1741, voire pire. Ma prof nous avoue que si un de ses élèves avait été musulman, elle n’aurait pas abordé cette oeuvre de peur de retrouver trois jours après une bombe planquée chez elle (non mais franchement ! N’importe quoi !).

Oui, c’est un sujet sensible, mais il faut prendre du recul et voir par cette caricature de Mahomet (tiens, comme un air de déjà vu…) un moyen de créer une histoire et de critiquer de façon indirecte l’intolérance. En tournant la dernière page du livre, j’étais loin de penser « ah tiens ! Les arabes ! Tous les mêmes !! ». Au contraire, j’ai développé une réflexion autour des cultes religieux, quelqu’ils soient, dans ce qu’ils ont de plus dangereux. Et je pense réellement que c’est que voulait Voltaire. Bien évidemment Voltaire l’emmerdeur.

14 octobre 2008 - 2 commentaires
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Avant tout, je précise quelques petites choses. Cette article parle de soirées dans les pubs, écrit par une jeune française solitaire dans un pays totalement inconnu, qui n’a jamais bu une goutte d’alcool (et qui ne souhaite pas prendre Dublin comme prétexte pour commencer) mais qui ne déteste pas les gens bourrés, et qui reste maîtresse de ses actes et de sa conscience. Donc tout ce qui est dit dans cet article est vrai, vu et vérifiable.

Premièrement, je vais détruire une croyance acquise : Temple Bar n’est pas l’endroit incontournable pour tous les Irlandais. Non, c’est plutot celui des touristes avec leur appareil-photo. Les pubs sont kitchissimes et tous les trois mètres on vous tend un flyers, on essaie de vous entrainer dans son bar, on vous demande de l’argent. Et le plus affreux, c’est qu’en plus on met environ une demi-heure pour faire 100 mètres tellement il y a de monde. Donc endroit à éviter pour ceux qui ne veulent pas voir du carton-pâte.

Les pubs, avec les bons vieux Irlandais qui vous servent une pinte gracieusement et qui vous parle du dernier match de hurling, c’est dans les petites rues sinueuses de la vieille ville. Y’a quatre ou cinq habitués accoudés au bar, deux ou trois mamies qui jouent au tarot et de la musique dans laquelle les paroles commencent par “cuach mo lon dubh bui”… Forcément c’est pas très festif.

Donc pour les branchés, il y a le Doyles. Pub incontournable pour la jeunesse dublinoise. Quelquesoit le jour, faut faire la queue pour rentrer. Y’a quatre videurs qui rigolent pas, mais alors pas du tout. Impossible de gruger. Donc on attend. Souvent, ça dure un moment, parce qu’ils font rentrer en fonction du nombre de personnes qui sortent. Y’a des règles de sécurité, ça rigole pas. Forcément, t’as le temps d’attraper une pneumonie ou de détruire ton brushing sous la pluie. Mais pour le Doyles, tous les sacrifices sont bons.

La semaine dernière, en attendant patiemment mon tour pour rentrer, je vois un pauvre type se faire sortir du pub par deux videurs. Il doit avoir 18 ans maximum. Il est complètement cuit. Il tangue dangereusement, bouscule deux Irlandaises (en mini-jupes et talons aiguille, ça va de soi) qui le repoussent assez violemment. Finalement le videur d’ 1,95 mètres l’empoigne et le balargue à cinq mètres (et là je me dis que je ne vais surtout pas essayer de m’incruster dans la queue…). Le pauvre échoue contre un poteau électrique. Il reste là cinq minutes, à se plier en deux. Tiens, on dirait une équerre de loin. Et au moment où je lance à Myriam “lui il va pas tarder à tomber”, il s’écrase violemment sur le trottoir la tête la première. Je me dis qu’il a du se fendre le crâne, qu’il est mort, que tout le monde va se mettre à hurler, que son sang va souiller le trottoir,… bref, je suis horrifiée. Mais non pas du tout, personne ne bouge.Les videurs se marrent. Un air de déjà vu ?… Un des amis de Myriam que je ne connais pas, se précipite sur le “cadavre” et tente de le réanimer. Ah il est étudiant en médecine, ça tombe bien. Soit dit en passant, il s’y croit un peu mais bon tant mieux qu’il soit là. Il lui prend le poul, il le tourne sur le coté, tout le monde s’en fout. L’un des videurs finit quand même par se ramener. Il le secoue, lui colle une baffe, aucune réaction. Au final, on a le samu qui arrive et nous embarque notre jeune alcoolique, le haut du crâne en sang. Tout ça pour dire que les jeunes Irlandais sortent seuls pour se coller une grosse cuite,à la limite du coma éthylique, sans se demander où ils vont se retrouver, et tous les autres autochtones s’en foutent complètement. Ca fait partie des moeurs. Retenons aussi que notre ami, le futur médecin, a du se retaper toute la queue… Les héros ont la vie dure.

Aller, on est dans le Doyles ! Y’a trop de monde, je ne peux pas passer. On m’écrase quinze fois le pied avec, entre autres, des talons aiguille. J’ai mal. Ca sent la bière, la transpiration, un peu le vomi, j’étouffe, je me sens pas bien. Bon je réussis à atteindre le bar. Je hurle ”one white limonade please”. Trois mecs me dévisagent. Je crois qu’ils ne savent même pas ce qu’est une limonade… 1,20 €. Ah bèh là super bonne surprise ! Pour une fois qu’un truc est pas cher à Dublin. Ca me met de bonne humeur. Jusqu’à ce qu’une blondasse-pétasse (pardon) me renverse le contenu de sa pinte sur les pieds (et un peu sur le tee-shirt). J’ai envie de la traiter de tous les noms mais elle me comprendrait même pas… Donc je lui lance la seule insulte que j’ai appris en un mois : “fucking bitch”. Elle entend rien, elle continue son chemin.

Bon, ma limonade et moi partont découvrir les lieux. Ah tiens, il y a trois niveaux dans ce pub. Je vais aller en haut. C’est le coin “boîte”. Musique pop, rock, des gens bourrés qui dansent et moi collée au mur protégeant mon verre de limonade. Humm, trop de bruit et trop de monde. Je redescend. Au sous-sol, c’est plus chaud. La musique est moins forte, y’a moins de gens mais le spectacle est toujours aussi passionnant. Deux jeunes s’enfilent quatre shouters qu’ils ont préalablement fait flamber. Y’en a un autre qui danse au milieu de la piste avec sa pinte de bière dans les mains, en l’air. Il en met sur tous les gens autour. On le bouscule, ça crie, il va se faire décapiter par un type qui ressemble à une montagne. Je m’asseois sur un tabouret. Forcément je suis dans le passage. Je fais des croche-pieds à tous le monde sans le vouloir. “Sorry, sorry”. Un couple s’asseoit à coté de moi. Ils arrêtent pas de s’embrasser, se montent dessus, se tripotent, ça commence à m’écoeurer. En fait, y’a à peu près une dizaine de couples qui font le même chose autour de moi. C’est complètement lubrique.

J’essaie de me frayer un chemin pour remonter retrouver mes amis (enfin mon amie). Un irlandais m’accoste. Il me crie dans les oreilles, je comprend rien. Il me postillonne sur les joues. “Sorry, I am french, I don’t speak english. Bye.” Au lieu de le rebuter, ça l’encourage. “Bonjur mon ami !”, lache-t-il et puis il se marre. “héhé ! Santé! You drink vodka ?” No, limonade. Ah, il a l’air vachement moins enjoué du coup. J’en profite pour m’éclipser.

Bon, vite, j’ai besoin d’air. Cigarette. Il pleut. Une fille en talons aiguille et mini-jupe est assise parterre et se vomit dessus. Des gars vont la voir et se foutent d’elle. Un videur arrive, me surprend avec mon verre dehors, me l’arrache des mains et vide son contenu sur la chaussée. Et sans un mot, il rentre dans le pub avec mon verre vide. Je reste à peu près scotchée deux minutes, les mecs rigolent. Ok, j’en conclue qu’on peut pas sortir avec son verre. Tiens, oui, c’est écrit sur la porte. Mais comme c’est en anglais, ça saute pas toujours aux yeux. Bon là je me dis qu’il est peut-être temps que je rentre avant que quelqu’un ne me vomisse dessus ou que le videur me colle un coup de boule parce que j’ai écrasé ma clope devant la porte du pub.

En marchant sous la pluie, je réfléchis à tout ça et je me dis que finalement les pubs irlandais ne sont pas si différents des bars français. Suffit juste d’être sobre pour s’en rentre compte. On se délecte à décrire la nature humaine. A bon entendeur…

6 octobre 2008 - 4 commentaires
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L’University College of Dublin. Marvellous…

23 septembre 2008 - 3 commentaires
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Le campus du rêve américain

A tous ceux qui ont été fan des séries teenegers américaines, amateurs de films d’horreur sur le campus de Woodsborough ou autres, l’Université College of Dublin (dite UCD) serait alors la réalisation d’un rêve pour vous.

Dès que le bus 10 vous dépose devant l’entrée, c’est comme si on pénétrait dans une nouvelle ville, peuplée de jeunes étudiants d’une excentricité vestimentaire hallucinante, avec des supermarchés, des banques, des grandes résidences universitaires (cinq ou six au total je crois), de grands espaces de verdures jalousement entretenus et gardés par la troupe de sécurité du campus, des pubs, et des pavillons résidentiels.

Ce qui frappe surtout, ce sont les moyens dont disposent cette faculté aux fonds privés qui ne lésine pas sur le matériel (des ordinateurs dans tous les couloirs, des ascenseurs qui marchent dans tous les bâtiments, des oeuvres d’art, …), et des prix en conséquence.


Premier jour : juste avant de commencer (et de foirer) mon test d’anglais, un petit café de bon matin. Tiens, un RU. “Hi, I just want an espresso” (pas de blague). Réponse : “2,20 euros pleaaaase”. Après les cinq secondes d’hallucination, je tends péniblement un billet de 10 euros. 2,20… Plus cher qu’au Régent à Bordeaux !

Finalement intriguée, je me dirige vers le rayon frais : prix du sandwich en moyenne : 4,50 euros. C’en est trop ! “Please, where is the self ?” On me regarde intrigué (”non mais d’où elle sort celle-là ??”), “euh…no self.” Ah bon. Donc oui, pas de self dans les RU.

Si tu as faim, et que tu veux bien manger à midi, de façon diététique et énergétique, et bien, mieux vaut ne rien manger du tout. C’est sandwich et puis c’est tout. Ton porte-monnaie en prend un coup, et ton régime aussi. Alors comment on fait ? “Bèh vaut mieux acheter son sandwich en ville avant de venir, ou alors tu te le fais chez toi”, me lance une française déjà bien ancrée dans la culture.

Un irlandais vient me parler… en Français (merci Jésus-Christ!). “Si tu veux, je peux te montrer une boutique par là-bas, ça s’appelle l’Union Student Shop et les prix sont beaucoup plus intéressants”. Ah oui, en effet. Le café passe de 2,20 à 1,10. Moitié prix quand même. Et c’est en le remerciant chaleureusement, que je me rend compte aussi qu’en France, le café au RU est à 65 centimes. Alors avant de me délecter de cette découverte, je ferais mieux de surtout boire moins de café pour plus d’économies. “Bon t’es plus en France, alors arrête de comparer” me rabache tous les jours ma copine Myriam. Mais je peux toujours comparer avec les States…
La chose la plus frappante dans cet environnement à la sauce US, ce sont les jeunes filles. Je précise les “jeunes” parce que je suis pratiquemment sûre qu’elles sont en grande majorité en première année pour être comme ça. Je m’explique. Des cheveux blonds (décolorés pour la plupart), lissés, très longs, la mèche, une couche de fond de teint impressionnante (elles sont plus oranges que hâlées), du blush sur les paumettes d’un rouge carmin (horrible), les paupières smokées à mort, le débardeur moulant (fait quand même pas chaud ici !), la mini-skirt et les talons aiguilles. Voilà, elles sont toutes comme ça. De vraies cheerleaders. Et quand elle parle, on sent très bien un espèce d’accent américain exagéré.

Des minettes en quête de ressemblance avec leurs idoles américaines. On pourrait trouver ça normal pour un pays anglophone mais je  commence à en avoir ras le bol de les voir passer en gloussant, tirées à quatre épingles. Moi avec mon manteau en poils synthétiques de chez H&M, mon jean et mes converses, je me sens tellement tâche dès qu’elles passent !

Enfin bref, pour revenir sur l’idée du rêve américain, en plus des filles, il y a aussi les garçons, du moins les garçons sportifs. Le sport est une chose sainte. Tout le monde fait du sport, tout le monde aime le sport, et tout le monde vient aux matchs. Faut voir la foule tous les dimanches après un match de hurling redescendre Frederic Street en vert et blanc, en jaune et noir, avec des drapeaux, des banderolles, et aller s’agglutiner devant les pubs une bière à la main.

Et à la fac, à moindre échelle, on aime le sport. Pour preuve, la semaine dernière, c’était la Fresher’s Week : “You chance to join any society or club of your choosing.” On vient carrément vous vendre son sport dans la fac, on essait coûte que coûte de vous enroler. “Your chance”… Alors me voilà finalement inscrite en badminton et en athlétisme. C’est bien, j’ai su rester humble quand je vois que Myriam s’est inscrite à quatre ou cinq sports… Maintenant à voir combien de temps je tiendrais. Déjà, j’appréhende le premier cours quand le prof va expliquer les règles, les équipes, les tournois,… bref, je vais reprendre ma tête de potiche qui sourit mais qui comprend rien. Vivement que les quatre mois d’apprentissage de la langue passe.

Pour conclure, dans tout cet apanage américain, et bien il n’y a finalement pas beaucoup d’américain. J’en ai juste rencontré un la semaine dernière qui vient de New York (”whaouh”… c’est ce que je lui ai crié quand il me l’a dit. Le ridicule ne tue pas…) et pour lui, ici, “non, rien n’a changé”.

21 septembre 2008 - 6 commentaires
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Photo touristes number 5 (avec le groupe résident de Grafton Street)

14 septembre 2008 - 2 commentaires
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Ah ! Il re-re-re-pleut

14 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Photo touristes number 4 (devant la St Patrick’s Cathedral)

14 septembre 2008 - Aucun commentaire
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“Look right” and “look left”

14 septembre 2008 - 1 commentaire
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Photo touristes number 3 (sur Lord Edward Street)

14 septembre 2008 - Aucun commentaire
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Photo touristes number 2 (devant la Christ Church Cathedral)

14 septembre 2008 - 2 commentaires
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Le Ha’Penny Bridge

14 septembre 2008 - Aucun commentaire
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On s’éclate pas toujours dans un pub…

14 septembre 2008 - 4 commentaires
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La Liffey (ah tiens il fait beau)

14 septembre 2008 - 1 commentaire
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Photo touristes number 1 (ou comment se la péter sur O’Connell Street)

14 septembre 2008 - 2 commentaires
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Pause cigarette devant la maison

14 septembre 2008 - 3 commentaires
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Trinity College ou l’université dans laquelle j’aurais rêvé d’être…

12 septembre 2008 - 1 commentaire
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Ma jolie maison

12 septembre 2008 - 1 commentaire
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Installation réussie

Et nous y voilà. Je suis à Dublin. Après cinq jours de stress intense à la recherche d’un appart, j’ai enfin trouvé ma “single room” en plein centre ville, juste à coté de O’Connell street. Le pied ! La fac aussi c’est fait : seulement trois cours donnés en français, ce qui équivaut à seulement six heures de cours par semaine… La fac de lettres est aussi celle des fainéants en Irlande. Donc, du coup, comme tous les étrangers qui débarquent, je suis à la recherche d’un job. Forcément, c’est vite vu : restauration, bar, hotel, …. sachant que je n’ai aucune expérience dans ce milieu. “Mais faut mettre des fausses infos sur ton cv ! c’est ce que tout le monde fait ici !”, rabachent les autochtones. Bon d’accord…
Ici, faut s’adapter. La vie est très chère (c’est pas une surprise) et on croise beaucoup trop de Français. Je m’étonnes d’entendre dans le bus, dans le Tesco, dans la rue, des bouts de phrase dans ma langue natale. Alors faut éviter aussi de se moquer des gens à voix haute avec la certitude que personne ne me comprend puisque en fait on est entouré de français… Au début, ça me rassurait. Maintenant ça m’énerve. Mais bon faut savoir vivre avec. J’apprend aussi les bases de l’espagnol. Dublin est une ville cosmopolite, soit. Mais surtout marquée par la présence intensive de French, Spanish et Polonais. Avec ça, c’est pas facile d’améliorer son anglais.
Pour manger, il faut aussi revoir ses habitudes alimentaires. Ici, les lardons ça n’existe pas (comment je vais faire mes pâtes carbo moi maintenant ??), le lait pas frais non plus, ni le jambon du pays. J’ai beau écumer les centres commerciaux, c’est introuvable. J’ai quand même essayé de demander (en anglais bien sur) si y’avait des lardons au Tesco, le mec n’a rien compris et m’a sorti du bacon… Je suppose que c’est dû à mon anglais pourri. Bref, c’est pas simple.
Il faut aussi savoir qu’ici un parapluie est un accessoire au premier abord indispensable mais qui finalement s’avère être un objet encombrant lorsqu’il se met à pleuvoir. Et oui, avec des rafales de vent à au moins 80 km/h, le parapluie se retourne 15 fois et finalement finit dans une poubelle. Le monstrueux K-Way rose fluo de mon enfance reste finalement l’élément adéquat dans ce genre de situation. Et c’est là que je regrette d’avoir forcé ma mère à le donner aux “petits pauvres” (comme elle dit) et de ne pas l’avoir précieusement gardé.
Un autre changement brutal dans ma vie de française exilée, le café. En résumé, il est cher et infect. Le café soluble est l’ami numéro un des gens qui m’invitent chez eux, et finalement le Starbucks prend des allures de salon de thé de luxe avec un pauvre expresso à 3 euros. Quand on buvait 10 cafés par jour comme moi, c’est limite un manque ingérable qui m’envahit tous les matins et à chaque fois que j’allume une cigarette. Donc forcément ça limite l’envie de fumer.
Plus pathétique, c’est le langage. Dès que je me met à parler, je lis dans les yeux des gens une intense concentration pour essayer de me comprendre. La plupart du temps ils me demandent si je ne viens pas d’Espagne (j’ai une tête d’espagnole ou merde ?) et quand je répond “no, no, France”, ils s’exclament pratiquement tous “vulé-vu cuché avec moa?” Et là je me force à rire. C’est certainement trop  logique pour certains mais c’est malheureusement mon quotidien.
Avec tout ça, la vie dublinoise ne semble pas très radieuse. Mais pourtant, à coté de ça, il y a les joies de se balader à travers des petites rues typiques et colorées, de découvrir Temple bar et ses habitués, de pouvoir s’habiller des pieds à la tête pour seulement 30 euros chez Penney’s, de voir des phoques sauvages errer sur la plage, de rencontrer des gens hypers accueillants,… bref, l’Irlande c’est quand même un pays, certes avec des moeurs différentes, mais dans lequel on s’acclimate obligatoirement très bien.

12 septembre 2008 - 4 commentaires
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départ imminent

“Tiens, et si tu faisais un blog ?” Question inattendue et, ma foi, intéressante. Euh oui, pourquoi pas. Pourquoi ne pas raconter l’Irlande vue par une jeune fille nulle en anglais, morte de peur et en même temps excitée de quitter ses tristes habitudes ? Pourquoi ne pas créer un blog pour garder un lien avec la France et aussi (un peu) pour le plaisir d’écrire (en bonne étudiante en lettres que je suis) ? Et bèh voilà, c’est fait. (Un grand merci à Thomas soit dit en passant). Après les valises, la paperasse administrative, les comptes bancaires, les médicaments, les adieux, voilà le blog. Bon ok, va falloir le remplir, en prendre soin, répondre aux commentaires et l’enrichir. Promis ce sera fait.
Aujourd’hui, à quatre jours de mon départ, j’ai un peu mal au ventre… Le stress ou l’excitation ? Un peu des deux j’imagine. C’est dur de se dire que pendant un an je ne vais plus voir mes amis, ma famille, mon chien, et Bordeaux aussi. Bon ok, j’exagère, je ne pars pas à l’autre bout de la planète mais c’est quand même impressionnant. On pourrait dire que là, tout de suite, maintenant, je suis effrayée… Parce que mis à part le coté cosmopolite, alcoolique et fétard de Dublin, bèh y’a aussi le fait que je n’ai pas de logement, que je ne parle pas un mot d’anglais et que je ne comprend pas non plus la langue, et que je dois aussi trouver d’ici deux semaines un sujet de mémoire pour mon master. Je suis quelqu’un de très maniaque et quand je ne controle plus rien, devant mon impuissance, j’ai peur. Une réaction humaine et ingérable. Et là, dans ma maison, au fin fond du Lot-et-Garonne, je n’arrive toujours pas à me dire que dans une semaine, je serais déjà loin d’ici, entrain de chercher un appart et de faire des efforts surhumains de compréhension avec les autochtones. Mais bon, l’effort sera fait bon gré mal gré.
En ce moment, je prépare les adieux. Lundi soir, on va essayer que le dîner ne vire pas au psycho-drame. Et mercredi je vais essayer de ne pas vomir de trouille dans l’avion (si, si, la dernière fois j’ai failli).
Pour finir, soyez indulgent avec la pauvre novice-blogeuse que je suis et ne soyez pas trop critique sur ma façon d’écrire, de mettre en page et des photos publiées. L’inspiration ne m’est pas automatique, je suis loin d’être une internaute érudit et je n’ai pas une âme d’artiste. Aller, un petit effort…

30 août 2008 - 9 commentaires
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